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26 avril 2017

Le rôle d’un éditeur de logiciels dans la transformation digitale

Par Stephan Thommen, directeur de Datamed à Fribourg.

 

S’il est dans l’air du temps de parler de transformation digitale qui nous mènera à l’intelligence collective augmentée, permettez-moi de partager quelques réflexions plus pragmatiques que philosophiques, réflexions qui animent mon quotidien en tant que dirigeant d’une petite société éditrice de logiciels destinés principalement au domaine des laboratoires d’analyses médicales.

 

Partant du principe que notre premier rôle est de servir nos clients, j’ai identifié trois axes le long desquels s’orientent mes réflexions :

 

Préservation– Intégration – Innovation

 

Commençons par la préservation qui peut être considérée comme étant l’antithèse de l’innovation et qui, par conséquence, signifie la fin du progrès. Ce n’est bien évidemment pas le but de cette réflexion. Il s’agit plutôt de déterminer le cadre dans lequel le progrès peut ou doit avoir lieu. En tant que PME, il est primordial de connaitre ce cadre avant de se lancer dans des grands projets dits innovateurs. Dans ce domaine médical au sein duquel nous évoluons, il s’agit en toute priorité de préserver les intérêts des patients. Dans un contexte de laboratoire, ils se résument à rendre le plus rapidement possible un résultat précis et fiable au bon patient, permettant aux médecins de mieux diagnostiquer et traiter chaque patient. Une personne malade est préoccupée par l’état de sa santé et non pas par la protection de ses données. C’est donc à l’éditeur de logiciels de fournir aux laboratoires des solutions qui permettent de mieux remplir leur mission pour le bien-être du patient.

 

Les laboratoires, qu’ils soient privés ou hospitaliers, évoluent dans un contexte économique de plus en plus difficile. L’éditeur de logiciels est appelé à respecter ces contraintes, notamment en préservant les investissements de ses clients et en lui fournissant des systèmes économes en ressources financières et humaines.

 

La poursuite de cette réflexion nous mène au deuxième axe de réflexion, l’intégration. La transformation digitale telle que prônée un peu partout oblige tout éditeur de logiciels à dire au revoir aux silos de données isolés chers à nos prédécesseurs. Trop souvent nous voyons encore des systèmes fermés qui obligent les utilisateurs à re-saisir des données avec tous les risques et toute l’inefficacité relatifs au traitement manuel des données.

 

L’interopérabilité des systèmes n’est pas une question de standards d’échange – ceux-ci existent – mais de volonté de véritable partage de données. Un éditeur de logiciels se doit d’ouvrir ses systèmes, de se connecter à d’autres systèmes, afin de permettre un flux de données continu le long des processus de traitement des patients ou des processus administratifs. Il se doit également de permettre la mise en commun de données (Data Lake) pour des fins de recherche, d’optimisation de traitement ou de processus de gestion.

 

Poursuivons avec l’innovation, thème de prédilection de chaque entreprise technologique. En tant que petite entreprise avec des moyens limités et en étant soucieux de préserver, comme mentionné, les investissements de nos clients, nous sommes plutôt dans une approche évolutive que disruptive de l’innovation. Notre but est de faire évoluer nos logiciels en fonction des besoins clients, tout en intégrant des nouvelles technologies offrant de nouvelles possibilités. Essayons d’illustrer ceci par deux exemples concrets :

 

Grace à la nouvelle technologie « Internet of Things » (IoT), nous sommes en mesure de connecter à notre système des automates d’analyses et des appareils périphériques tels qu’imprimantes et étiqueteuses par un simple boitier type « Gateway ». Cela nous permet de proposer à des petits laboratoires un système complet en version SaaS (Software as a Service). Au lieu d’investir du capital dans des licences et des serveurs, le client a la possibilité de payer soit un forfait mensuel, soit un montant par demande traitée par notre système pour l’utilisation du système.

 

Imaginons une communauté de référence qui, dans le cadre de la mise en œuvre du DEP (dossier électronique du patient) souhaite simplifier et informatiser le processus de prescription et de transmission de résultats entre hôpitaux, respectivement cabinets médicaux et laboratoires exécutants affiliés à la communauté. Pour répondre à ce besoin, nous sommes en mesure de proposer un système complet composé d’un portail web pour la prescription et la consultation de résultats et d’une sorte de hub qui, en amont, distribue les demandes d’analyses aux différents laboratoires exécutants en toute transparence pour le prescripteur et qui, en aval, centralise et diffuse les résultats et les rapports d’analyses. Ce système peut être étendu à d’autres domaines, tels que les prescriptions de pathologie ou de radiologie.

 

Pour conclure, il est primordial pour un éditeur de logiciels de comprendre les mécanismes de la transformation digitale, d’en être un acteur, de s’entourer d’autres acteurs tels que les instituts scientifiques et de recherche, de spécialistes des technologies de pointe (Big Data), tout en étant conscient qu’il doit avant tout rester un spécialiste au service de ses clients.

 

Stephan Thommen sera présent lors du cycle de conférences Medicalytics qui se tient le 4 mai 2017 à La Serre, dans le quartier biopôle à Lausanne. Présente comme partenaire de l’événement depuis sa création en 2016, Datamed SA est active dans le domaine des analyses laboratoires et sert les principaux établissements hospitaliers de Suisse alémanique et de Romandie.


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